Festival des thés

Je l’avoue, si on m’invitait à un diner de cons, ce serait pour m’entendre parler de thé vert japonais. De matcha, de senchai ou de gyokuro.

J’ai 4 théières et un bouilloire avec température réglable chez-moi pour avoir l’eau juste correcte selon le type de thé.

Non, je ne vous ferai pas un exposé sur les types de thés verts japonais. Il y a d’excellents articles sur le ouèbe pour ça. Et puis, le thé vert, comme le vin ou le café, ça ne s’explique pas, ça se vit.

L’initiation

En voyage au Japon en 2013, je fais une rencontre sur couchsurfing. Une Japonaise du nom de (oups, un oubli) qui avait envie de se promener au bras d’un étranger et qui me dit, dans son anglais approximatif qu’elle m’a m’initier à la culture du thé japonais. Et puis, dans chaque commercial qui se respecte au Japon, il y a un endroit pour boire son thé vert.

Pas certain, je lui dit que d’où je viens, le thé vert, c’est du gazon amer tellement dilué dans de l’eau brûlante que je ne peux pas comprendre pourquoi des milliards d’Asiatiques ne jurent que par ça.

Elle me demande: quelle est la chose que tu aimes le plus au monde? La crème fouettée, répondis-je bêtement.

C’est ce qu’on m’apporta. En faisant les plans pour qu’elle vienne me rejoindre à Kyoto (c’était ma dernière soirée à Tokyo), j’étais devenu accroc.latte

Si c’est vert, c’est bon pour toi

Le matcha, c’est sérieux. C’est avec ce thé qu’on fait les célèbres cérémonies. C’est comme boire la feuille au complet, parce que ce n’est pas qu’une infusion, c’est le thé au complet qui est broyé dans une mince poudre et dissoute parfaitement dans l’eau tiède. Et c’est avec cette poudre qu’on agrémente à peu près tout ce qui est possible et qui est déjà bon.

À ce sujet, la crème glacée au matcha du Havre-aux-Glaces, faite avec le matcha qu’on trouve au Camelia Sinensis au marché Jean-Talon se tire très bien d’affaire si aller au Japon est juste pas possible maintenant pour toi.

En 2016, dans le jardin

Je m’étais promis un moment de relaxation, (mal) assis par terre, dans un salon de thé typique. Et c’est à Nagoya, après la visite du château que j’ai décidé de me lancer. D’abord, tu enlèves tes souliers. Tu ne marches pas sur le tatami mais sur le tapis rouge. Madame te demande ce que tu veux, elle te le prépare en petite quantité et, protocole oblige, te fais la conversation.

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Même si tu ne t’es pas assis comme ça depuis la maternelle, pas question de te plaindre. Elle le fait à journée longue et est plus vieille que toi et elle ne râle pas. Faque…

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Et ca vient avec des friandises japonaises à base de riz (quoi d’autre!).thumb_img_0227_1024

Emi-San

Emi-San, c’est une histoire débutée en 2013. Kanazawa, dans un Bed and Breakfast, où elle venait passer sa seule journée de vacance de l’été. On s’est vu, on s’est plu. John et Yoko qu’on nous appelait. Et puis, c’est la plus belle des 75 millions de Japonaises. C’est ça quand tu mènes une bonne vie.

Depuis, on est resté en contact et je ne manque pas de la revoir, le lundi (son seul jour de congé dans ses 96h de travail hebdomadaire, ce n’est pas une blague). Ça permet de pratiquer les quelques nouveaux mots de Japonais que j’apprend et de lui faire rrrrouler ses rrrr, qui n’existent pas en japonais. Emi-San sait qu’elle me fait rire quand elle essaie de prononcer « tire-lire ».

Et en mai dernier, elle me demande, par signe et par google translate ce que je veux faire avant d’aller souper de meilleurs sashimis au monde et de tomber dans le saké. Boire du thé vert, demande-je. Trop heureuse d’y aller avec son gaïjin préféré, les hommes japonais n’étant pas trop du genre. On a effectivement fait sensation discrètement au Café. Discrètement, parce que tout Japonais qui se respecte ne montre jamais qu’il est curieux avec un Blanc.

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Uji, la capitale mondiale du thé vert japonais

Y en a qui vont à Bordeaux, à Reims en Champagne ou en Toscane. Moi, je vais à Uji près de Kyoto magasiner mon thé vert à la source. Parce que quand tu descends du train, la ville sent le thé vert. Celui que les cultivateur sont en train de faire sécher à l’humidité.

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Dans toute la ville, des boutiques et kiosques de dégustation. Le tout, toujours soigneusement présenté et emballé avec un service impeccable. On est au Japon quand même!

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En 2013, j’avais acheté un peu n’importe quoi. J’en ai donné. J’en ai échappé par terre, j’en ai fait trop chauffer. Mais cette fois, pas question de faire n’importe quoi, sachant combien ça se vend par chez-nous. Cadeaux inclus.

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Et maintenant, je fais mes matcha chez-moi.

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2 réflexions sur “Festival des thés

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