Vacance-voyage, part I: cr’ss de Nice

En 1998, la meilleure manière que j’avais trouvé de guérir mon coeur brisé et de voyager pas-cher pour la première fois par moi-même a été de prendre un visa vacance-voyage pour la France. À moi les nuits de Pygalles, les vins pas chers, les Françaises libérées, les valses sur le bord de la Seine et le son des cygalles en Provence, me disais-je. Non, ça ne s’est vraiment pas passé comme ça.

Un billet d’avion avec retour dans 3 mois et de l’argent pour survivre max 3 semaines. Et pas question de revenir avant. Fallait que ça fonctionne.

C’était l’hiver du verglas

Je venais de terminer mon bac en décembre et je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire, du haut de mes 24 ans. Je venais de casser avec ma copine de l’époque. Je travaillais de nuit chez Sécur à surveiller des clés. Quand je me réveillais, c’était toujours la chanson ‘Karma Police’ de Radiohead qui jouait et qui me rappelait que cette nouvelle journée n’allait vraiment pas être meilleure que celle de la veille.

Voyage-Campus et le programme Vacance-Travail

Et c’est suite à une visite chez Voyage-Campus, l’agence de voyage pour les étudiants-pré-internet que j’avais découvert le programme Vacance-Travail. À l’époque, c’était un programme d’échange réciproque France-Québec où tu pouvais obtenir un visa de travail de 3 mois pour… travailler en France. En même temps, un Français obtenait le même visa pour le Québec.

3 mois, c’était parfait, le temps d’un été pour jeter ma gourme dans les vieux pays et revenir frais à l’automne pour commencer ma maitrise avec ce prof qui avait une très mauvaise réputation à l’époque. Le principe était simple: tu te trouvais une job en France, tu apportais ton contrat de travail et ton visa et hop, c’était réglé.

Les préparatifs

Je m’étais acheté un énorme sac à dos de backpacker que ma mère appelait affectueusement: le 4 et demi. 40 livres de vie québécoise, de vêtements pour toutes les occasions. J’apportai aussi un canif suisse, cadeau de mon père et que j’ai trainé à tous mes voyages pendant 15 ans (je me le suis fait confisquer à l’aéroport de Tokyo en 2013 – ma faute).

Cr’ss de Nice

Mon plan était simple: aller au soleil, où les femmes se baignent seins-nus sur la plage, me trouver une job dans un grand hôtel climatisé et me tenir à Monaco. Alors j’aboutis au début mai à Nice et je descend chez Véronique, qui a travaillé en stage avec ma mère au Québec. De là, avec mes beaux pantalons noirs, ma chemise bien repassée et mes souliers biens cirés, je fais le tour de la promenade des Anglais, du porte-à-porte dans les grands hôtels pour aller porter mon CV.

  • Expérience en restaurations: check (Centre de Réception 1124 à Repentigny)
  • Parler français et anglais: check
  • Débrouiller en Russe: check

Mais ici, on trouvait déjà que m’engager au salaire minimum, c’était payé trop cher. Alors on m’offrait un « en-dessour-de-la-table » au 2 tiers du salaire minimum, repas non-inclus. Après avoir compris que c’était la norme ici, je me suis dit qu’ils pouvaient bien se mettre leur offre de travail dans un endroit où ce serait facile à retrouver. Le reste du temps, je trainais sur le bord de la Méditérranée.

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Pendant que j’étais à Nice, je rencontre Marilyn qui elle, s’en allait travailler en Alscace. On a fait le tour de Monaco durant les préparatifs du Grand Prix.

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et de Cannes où on est tombé en plein festival du cinéma. Oui, on a vu des vedettes (Sophie Marceau).

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Ah non, pas la Bretagne…

Dans l’avion pour Parissse, j’étais assis à coté d’un Français à qui j’avais parlé de mon plan de vacance-travail. Il avait été catégorique: tu ne vas PAS en Bretagne. Il pleut tout le temps, ça sent la Gaspésie, y a du chômage et le Bretons sont wierds. Ah oui?

Après 3 semaines à squatter chez Véronique, c’était le temps de changer de stratégie. Et d’appels de contacts en appels de contacts, j’arrive à rejoindre un monsieur qui avait acheté un ancien grand bâteau chalutier qui faisait la pêche à Terre-Neuve. Il l’avait reconverti en musée de la mer, à Lorient… en Bretagne.

Il m’offrait un poste à l’accueil et comme guide en anglais. Fallait que j’y sois dans 1 semaine, début juin.

L’aventure pouvait commencer…et quelle aventure ça a été!

 

La suite

 

 


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