Des rocheuses à la Californie en train, ep.2: la vie à bord de la première journée

Quand la contrôleur a scanné mon billet électronique sur la plateforme, elle m’a d’abord dit qu’elle ne me trouvait pas. Ensuite, son appareil lui indiquait que c’était un billet pour hier! Mais elle voyait bien la date pour aujourd’hui alors elle m’a laissé monter à bord.

J’aime déjà ça!

Après une arrivée triomphale à Denver, et m’être fait une nouvelle amie beauceronne dans l’avion, j’ai été plutôt tranquille la veille du départ. Plein de bière locale et d’excitation, je me suis couché à 19h30 (21h30 chez-nous), pour me réveiller à 6h00, le temps de me laver, savant que ça n’arrivera plus avant au moins 36 heures et ensuite, sauter dans un taxi pour la gare.

Union Station

La gare a tout le charme d’une époque de conquête de l’ouest et de ruée vers l’or. Malheureusement, il n’y en a jamais vrai eu à Denver. La gare est située juste à coté du stade de baseball Coors Fields où j’avais été voir un match en 2005 lors d’une conférence de doctorat. Tout aux alentours, de vieux bâtiments industriels en briques reconvertis en pub ou en micro-brasseries qui fait tout son charme.

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La vie à bord de la classe économique

Il y a plusieurs types de sections. La section « économie », c’est pour les crottés comme moi qui ne veulent pas payer 1000$ pour une cabine privée. Alors ce sont des sièges 2 par 2, en direction de la marche. Les sièges sont spacieux et peuvent se descendre presque comme un vrai lit. Les couloirs sont larges, donc contrairement à dans un avion, tu ne te fais pas accrocher le coude si tu es assis coté rangée.

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Il y a 2 étages de classe économie et je suis dans la 2e. On ne vient pas te mener à ton siège. On te donne un ticket avec ta destination et tu l’arroches où tu t’assoies. Moi, c’est Emeryville, en banlieue de San Francisco. D’autres, c’est Sacremento, Salt Lake City ou Reno. Comme le train roule depuis Chicago, y a déjà du monde assis/couché/évaché un peu partout. Mettons qu’après 24h de trajet pour eux, le confort prend le dessus sur la classe. Et puis, c’est pas le Japon icitte.

La classe économie est silencieuse et c’est là que tu viens regarder tes films, dormir ou simplement avoir la paix. Ca ne jase pas beaucoup entre les sièges.

Le wagon scénique est le spot

Juste à coté de mon wagon, j’ai juste à traverser une porte coulissante et je me retrouve dans le wagon scénique. L’endroit le plus populaire du train. Des sièges qui donnent sur les vitres panoramiques et qui te permettent d’en avoir plein la vue. Évidemment, y en a pas pour tout le monde alors quand tu en as un, tu le gardes. Bien que certains ont passé pratiquement toute la journée là. Ca jase, ça prend des photos. Y a un cool-californien qui a amené sa guitare. Mais ici, contrairement à un feu de camps, on ne tombe pas pour le gratteux de guitare.

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Y en a qui écoutent de la musique ou qui écrivent. Plus loin, il y a des tables où les enfants jouent et où les adultes boivent.

img_1015L’habillement en mou est de mise.

Le comptoir-lunch

Si tu ne veux pas manger au wagon-restaurant, tu peux toujours manger un morceau au comptoir-lunch. Avec le vendeur qui a l’accent du Maire Quimby dans les Simpsons, t’as le choix de gastronomie américaine: cheesburger, hotdog, nachos, club-sandwich… tout ça réchauffé au micro-onde et bien sûr, vendu à prix d’or (qu’on a toujours pas trouvé à Denver). Tu manges aux tables sur place ou à ta place. Bon je l’avoue, le cheeseburger n’était pas si pire que ça.

Le wagon-restaurant

C’est le 31 décembre, pas question de manger du micro-onde pour souper. Alors tu as le choix de 4 services: 17h, 17h30, 18h45 et 19h45. Rendu à moi, y restait que 17h30. Qu’à cela ne tienne, on te met avec des inconnus, ça permet de fraterniser un peu. Y a le choix entre un steak de boeuf angus, des tortelinis aux fromages, du poisson frais du jour (dans un train?), ou du poulet au thym, ce que j’ai pris, avec un verre de vin californien.

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Là, c’est l’heure du thé, noir parce que j’ai pas apporté mon thé vert. Shame on me.

Titanic sur rails

Il est 19h30 et je suis dans le train depuis 8h ce matin. J’ai battu tous mes records de trajets de train ever. Mais c’aurait pu mal tourner. On a failli frapper un gros roc qui s’était détaché de la parois des Rocheuses. On pourrait penser à une attaque d’indiens, les Dalton ou même le Coyote. Mais non, juste un acte de la nature. Ca s’en venait juste un peu trop tranquille dans’place.

Je ne sais plus trop où c’était parce que je dormassais un peu rendu-là après mon cheeseburger micro-ondé. Et puis, le train s’arrête. Bah, ça doit être un autre train de marchandise qu’on laisse passer, me dis-je dans mon rêve. Et c’est là que le contrôleur nous indique que quelque chose obstrue la voie et qu’on ne peut pas passer.

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Une chance qu’il l’a vu à temps, sans quoi, c’aurait fait comme le Titanic avec l’iceberg.

Donc le train est immobilisé et on attend que les services ferroviaires d’Amtrak viennent avec des équipements en direction inverse d’où on s’en va (y a juste un set de tracks où on est en ce moment). L’opération a pris environ 1h30 et on a pu repartir. On a vu qu’ils avaient simplement déplacé le roc sur le coté, même pas fait exploser à la dynamite. Tellement déçu…

And the beat goes on

Et la vie à bord reprend son cours. À coté de moi, un noir à l’accent indien. En avant de moi, le sosie de Dexter. Un peu plus loin, 3 wierdos qui passent sans arrêt dans notre wagon, comme s’ils allaient faire un mauvais coup. Ils parlent forts et à tout le monde mais ne sont jamais déplacés. Ils ne sentent pas l’alcool et n’ont pas l’air de terroriste. Ils ressemblent à 3 rednecks, mais avec un léger retard mental. Donc rien de bien méchant.

Y a un groupe de 6 « surfeurs-cool » qui ont élu domicile dans le wagon-scénique. Mais un peu comme des jeunes Italiens cools, ils prennent toute la place, mais jamais méchant et te font de la place si tu la veux. Y a des familles avec jeunes enfants qui jouent au Monopoly et ne sont pas turbulents.

Et puis, y a 3 toilettes sur 5 qui ne fonctionnent plus. Le contrôleur a engeulé gentiment le wagon parce que les gens ne flushent pas après usage.

Ouin, c’est la vie en communauté.

Là, il fait noir comme chez le loup, et y a pas moyen de savoir où on est. Mais dans le fond, est-ce vraiment important quand tu sais que le train n’arrive que dans 16 heures?

Y a le cellulaire qui rentre des fois, des fois pas, selon si on est profond dans la montage ou proche d’une ville.

Prochain stop: Salt Lake City, juste avant le Nouvel An.


4 réflexions sur “Des rocheuses à la Californie en train, ep.2: la vie à bord de la première journée

  1. Salut JF!
    Bonne Année ! Lorsque je me suis abonnée à ce blogue, je ne savais pas que c’était le JF Capuch voisin d’enfance des Lobbe. Quel heureux hasard! Bien intéressante ton aventure.
    Nadine

    Aimé par 1 personne

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