Georgetown, Pulau Penang

Imagines ta ville préférée des Caraïbes avec ses traces d’un passé anglais, français, espagnol, portugais ou hollandais. Ensuite remplace les locaux par des Chinois, des Hindous et des Malais, ralenti le beat, rajoute de la chaleur humide et tu as Georgetown. C’est la ville coloniale par excellence du nord de la Malaisie. C’est aussi sa capitale gastronomique avec sa nourriture de rue. D’ici, tu es à quelques heures en bateau de la Thailande et de l’Indonésie.

Tout commence dans la classe de géographie de secondaire 3

Quand j’avais 15 ans au Collège, notre prof de géo, M. Proulx, dès le premier cours nous avait raconté de façon très théâtrale la conquête de l’Amérique du Nord. Il nous expliquait que si le Roi d’Espagne avait accepté de financer l’expédition de Christophe Colomb vers 1492, c’était principalement pour trouver un nouveau passage vers les Indes et pouvoir rapporter des épices. Parce qu’avec les caravanes terrestres de la route de la Soie, ton souper avait le temps de coller avant que tu puisses l’assaisonner.

Fastforward 300 ans plus tard après s’être rendu compte que ce qu’on exporte principalement de l’Amérique, c’est la canne à sucre, le tabac et les peaux de castors… Les épices n’étaient pas au rende-vous.

Les Hollandais sont dans le coin de la Malaisie, ont établis la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales et font effectivement le commerce des épices vers l’Europe. Les Anglais, ne voulant pas être en reste, demandent au Capitaine Francis Light d’établir lui aussi une Compagnie Anglaise des Indes Orientales pour, lui aussi, faire le commerce des épices. Et puis, ça commençait à sentir un peu trop le Français dans le coin au goût de Londres alors c’était le meilleur move à faire.

Arrivé sur l’Ile de Penang, Capitaine Light propose au Sultan de l’époque de prendre possession de l’Ile au nom de la Couronne Anglaise, en échange d’une protection militaire contre les ennemis traditionnels thaïs et birmans. Après s’être secoué la main et bu le thé, Georgetown était née.

Fastforward 1941…

2e Guerre Mondiale, les Japonais font des raids aériens sur Georgetown. Alors que les Anglais croyaient la ville imprenable, ils ont évacués discrètement la population dite européenne de l’ile pendant les bombardements, laissant la population locale à son sort (ouain…). Les Japonais s’y sont installés et le port a été utilisé par leur force de sous-marins, avec celle des Nazis et des Italiens. Fin de la guerre, capitulation japonaise, les Anglais reprennent Georgetown.

D’abord Butterworth

Aujourd’hui, Georgetown est un incontournable historique, culturel et architectural dans les environs. Tu peux y venir en avion, en voiture ou une combinaison de train et ferry à partir de la terre ferme juste en face (la ville de Butterworth). De Kuala Lumpur, j’ai donc pris le train qui prend environ 4h45. Le trajet n’est pas particulièrement intéressant, malheureusement. Mais le train est confortable, bien climatisé et tout est indiqué en anglais notamment. Pour acheter le billet, rien de plus facile: tu te pointes à la gare centrale de Kuala Lumpur et une gentille dame (couverte) va te servir dans un anglais impeccable.

Une fois arrivé à Butterworth, ça sent l’eau salée de la mer et le vent du large te fais du bien quand il fait (toujours) chaud. Tu passes par les taxis (qu’on écrit texis) par ici et tu marches directement jusqu’au ferry. Tout est indiqué. Et tu montes à bord pour même pas 60 cennes.

Pas de sièges, pas de cabines, pas de ponts, pas d’endroit fermé. Tu restes avec les voitures. Le trajet dure 15 minutes max.

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Installation 

Faut le savoir, Georgetown n’a pas vraiment changée depuis sa fondation voilà 300 ans, ce qui veut dire qu’elle n’est pas particulièrement faite pour être piétons-friendly. Les trottoirs sont inexistants ou très peu continus. Et c’est là que j’ai eu le choc que j’ai vraiment apporté trop de vêtements, après avoir ragé après ma valise sur les pavés.

Je marche 20 minutes avec mon sac à dos et ma valide trop lourde, je m’installe dans mon hostel, y fait chaud, j’ai faim et je suis en sueur. C’est le soir, donc je reste dans mon coin. Je regarde où sont les kiosques de nourriture de rue, d’un coup qu’il y en aurait un tout près. Et bien oui!

Premier arrêt: les brochettes (Satay). Avec mon dépôt pour la clé que j’ai laissé à l’hôtel, il ne me restait que 7$ pour souper.

IMG_2020Qu’à cela ne tienne, la plus chère des brochettes (crabe) ne coûtait que 0,66$. Le principe est simple, chaque brochette a une couleur associée à un prix. Tu prends ce que tu veux (poulet, boeuf, crabe, légumes, tofu, pieuvre), tu le mets dans l’eau bouillante assaisonnée pendant quelques secondes et tu manges ça avec ta sauce favorite. Au final, tu paies selon le nombre et la couleur des brochettes. J’ai mangé l’équivalent de 2 repas pour… 3$. (Ah, ils me font bien rire ces camions de nourriture de rue à Montréal, te vendre un frite au romarin pour 9$ et 3$ de sauce… mais ça, c’est une autre histoire). C’est aussi ici que j’ai rencontré deux jeunes universitaires de Montréal en vacance entre 2 sessions de Bac et qui me vouvoyaient (ouch).

Un peu plus loin, y a les kiosques de soupes-repas à la chinoise avec la spécialité locale: des nouilles épaisses dans un bouillon de poisson. Mais comme il fait trop chaud, je n’arrive pas à me résigner à en manger dehors. Y a bien sûr les kiosques de jus frais et de trucs indiens frits et le choix est pas mal moins déconcertant qu’en Chine. Le tout, dans un anglais parfait et des voitures qui te frôlent les fesses et des scooters qui s’arrêtent devant les kiosques pour prendre pour emporter.

 

Premier stop: Little India

Si on dit qu’une image vaut mille mots, un clip de 1 minute 15 secondes dans Little India vous fera y être. La musique n’a pas été rajoutée, c’est ce qui jouait dans la rue à ce moment-là. Le bruit, la musique, les couleurs et les odeurs, voilà ce qui résume parfaitement Little India sur quelques rues.

Et bien sûr, tu trouves les traditionnelles boutiques avec tout pour la future mariée.

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Même à l’extérieur de Little India, on retrouve toujours quelques temples savamment incorporés dans la vie urbaine.IMG_8707

Deuxième stop: Le quartier musulman 

Faut pas oublier qu’en Malaisie, t’es en pays majoritairement musulman. Bien qu’il s’agisse d’un islam plutôt relax, il y a toujours l’appel aux prières, 5 fois par jour. Je m’en sers principalement pour savoir à peu près quel heure il est. La dernière me dit qu’il sera l’heure de souper. En même temps, l’appel est comme une chanson douce (dont tu ne comprends pas les mots) et ce n’est pas du tout agressant, au contraire.

Alors qui dit quartier musulman, dit vie autour et dans la Mosquée. Et pour te retrouver dans ce coin-là, tu n’as qu’à pratiquement seulement une rue à traverser. Et comme il faisait encore très chaud, la Mosquée, comme une église est un excellent endroit pour se reposer et se rafraichir car il y a toujours un jardin à proximité. IMG_8733 Je suis arrivé au moment où une visite en anglais débutait par un local qui nous expliquait un peu ce qu’on retrouve dans une mosquée, l’orientation vers La Mecque, les 5 prières et tout et tout. Habillé en shorts, on m’a prêté un genre de pagne pour que je puisse couvrir mes jambes. Après, on est libre de se promener, mais il ne faut pas déranger ou photographier ceux qui prient sur les tapis.

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Devant la Mosquée, on retrouve le Minaret d’où se font les appels aux prières.IMG_8734

Et c’est après sa prière, pendant que je me reposais et rafraichissais dans les jardins,  que ma nouvelle amie Anhdra m’a fait visiter les alentours, trop heureuse de pouvoir discuter en anglais avec un Blanc.

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Troisième stop: Chinatown

Encore à quelques rues après le quartier musulman, tu tombes dans le quartier chinois. Ses temples, ses boutiques, ses boui-bouis. Malgré tout, les Chinois sont plutôt discrets dans le paysage de Georgetown, mais avec quelques temples décimés ici-là.

Et un clip de coin de rue de Chinatown, devant un joli temple. Ce qu’on entend, c’est l’appel de la prière venant de la Mosquée ci-haut.

Quatrième stop: le quartier colonial 

Près du fort et proche de la mer se retrouvent tous les beaux bâtiments coloniaux bien entretenus. Il n’y a pas de plages, pas de sable. Seulement un port commercial. Le bord de l’eau n’est pas particulièrement mis en valeur dans le centre historique et c’est dommage. Mais les alentours te donnent une idée de la richesse que la ville a pu être à une autre époque, avec ses palais  somptueux. Hélas, c’est le coin le moins intéressant de la ville coté vie normale. Y a aussi quelques grattes-ciels d’hôtels et des tours d’habitation (parce que ce n’est pas qu’une ile touristique), mais ça, je n’ai pas besoin de vous les montrer.

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Épilogue: oui je te juge, man

Georgetown, ce n’est qu’une petite partie de l’Ile de Penang. Mais ici, les plages sont rares. Du coté ouest et est, il s’agissait de marais. Il y a bien quelques coins au nord mais ce n’est pas les Iles paradisiaques de la Thaïlande. Et pourtant, ici c’est le début de la trail des backpackers:

  • ceux dont le look est tout droit sorti des films Point Break (1990) ou The Beach (2000).
  • Ceux qui quêtent ou jouent de la musique à Hong Kong, Bangkok ou Kuala Lumpur (photo) pour financer leur voyage back-pack mais qui sont toujours à 1 retrait de guichet automatique de pouvoir se payer un grand hôtel.
  • Ceux qui viennent en Thaïlande pour danser et se saouler sur la plage jusqu’aux petites heures et qui sont pas mal déçus qu’ici, on se culture plutôt que se saouler sur la plage.

Tant pis pour vous gang, Georgetown n’a rien de tout ça et tu le vois sur la rue au look des jeunes touristes ici qui sont venus chercher de l’histoire. Les autres, prenez le vol de 55 minutes et partez pour Phuket.

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