Tbilissi, facile à aimer

« Il n’est pas de pays où l’on boive davantage et de meilleurs vins ». Jean Chardin, Récit de voyage de Paris à Ispahan, 1686. Alors j’écris ce billet avec un verre d’excellent vin georgien. Mais je ne suis pas le seul: on produit du vin ici depuis au moins 8000 ans. Avec des gens accueuillants, des pains nourissants et une ville humble et inspirante, Tbilissi en Georgie est vraiment le croisement de la Russie, de l’Europe et de l’Asie.

La révolution des Roses

La Géorgie est dans le Caucase, d’où vient l’homme caucasien ou blanc. Un petit pays de montagne, ancienne république soviétique. Le pays nous a donné Staline, le dictateur soviétique, le cognac et le champagne local et l’impression d’avoir le meilleur de l’Europe de l’est, sourires inclus. Mais ils sont partis de loin, ces Géorgiens.

À la fin de l’URSS, les nouvelles républiques ayant oublié la démocratie avec le temps est au prise avec un président: Edouard Chevardnadze, ancien ministre de l’extérieur soviétique. Il gouverne le pays de main de fer jusqu’en 2003 où les Georgiens, aidés par les USA, le milliardaire George Soros et le livre « comment renverser un dicateur » récemment traduit en géorgien entâme la « Révolution des roses », un mouvement pacifique de grèves qui ont fait tomber le gouvernement. On a vu la même chose ailleurs.

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Aujourd’hui, le pays s’est ouvert au tourisme, mais sans y perdre l’âme accueillante du pays. Évidemment, les jeunes veulent tous partir et plusieurs nous ont raconté que des racketeurs demandent jusqu’à 30 000$ pour les aider à obtenir un visa pour le Canada.

La première impression est très positive

Quand on arrive en Georgie, on se demande d’abord où on est rendu. Ça ressemble parfois au sud de l’Italie, mais en même temps, à la Russie. Un peu à l’Europe de l’est et en même temps, on croirait que ce pays devrait faire parti de l’Europe, même s’il est entouré par la Turquie et la Russie. Ca donne un mix intéressant d’églises, de monastères, de vieux buildings classiques. La police est partout mais pas envahissante.

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In vino veritas

Les terrasses sont sur les trottoirs. Les jeunes t’invitent à essayer leur magasin de dégustation de vins. Les troquets et les bars à vins sont partout.

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Des taxis louchent t’offrent des tours en province pour visiter les cavistes. Évidemment, il y en a pour tous les budgets. Les vins que l’on peut essayer dans les bistros de la ville sont uniques et jamais je n’ai bu de quoi d’aussi différent et en même temps, excellents.

Petites productions locales, l’un des vins essayé sentait le poivre et le piment vert, d’une couleur rappelant les Sauternes (à droite), sans pour autant être licoreux. 4 verres de dégustations: 7,5$ (2 blancs, 2 rouges).

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Le marché aux puces

Au-dessus du viaduc sec, se trouvent tous les cossins, babioles, médailles d’ancienne URSS, chandeliers, porcelaines, services à thés, couteaux, pièces d’ordinateur et peintures que l’on peut imaginer. Des grands-mamans georgiennes qui t’aiment comme si tu étaient leurs enfants. Des monsieurs russes qui n’en sont pas revenus de la Série du Siècle de 1972 avec Phil Esposito et ses gros favoris.

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Des bijoux magnifiques à vil prix. Des peintures d’art naîf rayonnantes. On négocie en Russe, même s’ils peuvent te dire le prix en anglais. En fait, on négocie pas tellement parce que c’est vraiment pas cher selon nos standards. Beaucoup de bijoux et sacs à main finissent par se ressembler mais on peut trouver quelques pièces anciennes. Les anciennes lunettes de madames-soviétiques-blondes-aux-gros-cheveux des années 1980 passent pour des presques Prada aujourd’hui (pour 5$).

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Nana, une grand-maman très connue dans le marché aime les touristes comme ses enfants.

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D’autres nous ont demandé si on avait des enfants. Un peu de Russe pour leur demander leurs noms et tu es parti pour une conversation avec beaucoup de gestes et de rires. Ce n’est pas l’Europe de l’est que j’ai connue, oh que non!

Des artistes locaux qui vendent leurs tableaux à bon prix. Le genre de peinture qui, du premier regard te ramèneras directement ici, pendant une journée pluvieuse au bureau. Dans les mains de l’artiste, celle que j’ai acheté (35$).

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Les vendeurs ne sont pas envahissants. Si tu dis « non-merci », ils n’insisteront pas. Si tu dis que tu vas regarder un peu partout et que tu vas revenir plus tard, ils te répondent: oui, pas de problème. Jamais tu n’es bousculé ou pressé. Jamais tu te sens sous pression allo Istanbul…).

Le gars des vues

À partir de la vieille-ville, tu peux prendre la télé-cabine (2$) pour te rendre sur la colline surplombant la ville. Et de là, tu as un accès directe à la forteresse Narikala qui doit bien avoir 1000 ans (sans blague). Tu peux aussi y monter à pied à partir de la vieille-ville.

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Un peu plus loin, la statue de ma Mère de la Georgie, inaugurée en 1958 pour célébrer les 1500 ans de Tbilissi. Dans sa main gauche: un bol de vin pour les amis et les invités, à droite, une épée pour les ennemis.

Et de là-haut, une vue imprenable sur la vieille-ville.

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Il reste encore à faire et à voir dans ce coin très agréable!


Une réflexion sur “Tbilissi, facile à aimer

  1. J’adore ton billet ! Ça donne envie d’y aller 🙂 Bises, k.

    Kristine Plouffe-Malette, LL.D. Professeure associée, UQAM

    Chercheure postdoctorale Chaire Oppenheimer, Faculté de droit, Université McGill

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