Impressions de Guangzhou

Restaurant de cuisine cantonaise avec sa soupe won-ton et des dumplings? C’est ici. La 3e plus grande ville de Chine et la capitale d’à peu près tout ce qui est ‘made in China’ au monde. On parle fort – pas seulement en mandarin, mais en cantonais,- , on ri fort, on mange trop, on dépense, on bouscule, on se rebelle. Et une majorité de Chinatown mondiaux sont des descendants de la région. À 2h de Hong Kong et de Macau. C’est ça Guangzhou.

Ça n’a pas toujours été ce que c’est

Avant d’être la ville chinoise qui a accueilli le capitalisme à bras ouvert, Guangzhou a toujours eu un faible pour la rébellion, les réformes, le libéralisme et le commerce. Et ca, les Européens l’ont rapidement compris. Vers la fin de la dernière dynastie, l’empereur n’accordait des droits de commerces qu’à la pièce, ce qui a définitivement indisposé les Britanniques. Alors pour faire craquer l’Empereur, ils ont eu l’idée d’importer et de déverser des tonnes d’opium dans la population locale, créant ainsi une crise majeure des opiacées, avec le concours de la Banque HSBC qui existe et magouille encore. Résultat: le Royaume est en déroute et les Européens en profitent pour déclencher la guerre (les guerres de l’opium 1839-1842 et 1856-1860) et dans la victoire, ont ainsi pu obtenir notamment: Shanghai, Hong Kong et Macau dans le coin. Comme Shanghai, Guanghzou a été divisée contre son gré, aux mains des puissances européennes colonisatrices.

Si t’es pas content, t’as juste à créer ton propre pays

Toujours rebelle, toujours réformiste, Guanzhou a connu les débuts des 2 leaders révolutionnaires. En fait, 3: le Dr Sun Yat Sen, premier président de la République de Chine après le chute de la dynastie Quing en 1911 (avant qu’elle devienne communiste et dont un jardin et une statue sont une attraction populaire à Vancouver), Mao et Chiang-Kai-Chek. Mao, leader du parti communiste chinois (PPC) et Chiang-Kai-Chek, leader du Kuomitang (parti nationaliste de droite) se sont unis, le temps de chasser les Japonais et les Russes du pays. Mais une fois la tâche accomplie, la chicane a pris entre les 2 révolutionnaires. Résultat: Monsieur Chek a quitté la Chine pour aller fonder Taiwan, avec le plan de revenir un jour (re)prendre la Chine par la force. Il a bien pris soin d’appeler son pays: République de Chine, à ne pas confondre avec la République Populaire de Chine.

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À la mort de Mao en 1976, le grand Réformiste Deng Xiaoping, avec sa politique d’ouverture économique (porte ouverte), a décidé d’ouvrir le pays au capitalisme ou comme il le nomme « socialisme avec ses caractéristiques chinoises » et a créé des zones économiques spéciales. Il n’en fallu pas plus pour que Guangzhou demande (et obtienne) ce statut et continue son riche passé de commerce et de production industrielle pour le monde entier.

Sun Yat Sen, héro local et national

Mais revenons à Sun Yat-Sen. Voyant son pays en déroute, en pleine fin des guerres de l’opium, un pays divisé, colonisé par les Européens et un Empereur faible, le Dr. Set a tôt fait de former un gouvernement de république, forçant le monarque à abdiquer. Bien avant la Chine communiste de Mao, le Dr. Sen avait déjà posé les germes des réformes qui allait lancer ce que la Chine est devenue aujourd’hui.

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Ici à Gangzhou, on lui a érigé un bâtiment et une statue commémorative à l’endroit même où son palais présidentiel (détruit depuis) qu’il est possible et agréable à visiter à l’extérieur comme à l’intérieur.

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Aujourd’hui, on célèbre le faste des 70 ans de la révolution communiste

Avec les gratte-ciels, les enseignes luxueuses, les grandes voitures, les hotels chics, il serait facile d’oublier qu’on est quand même en pays communiste. Mais quelques statues monumentales à la gloire des ouvrier, soldats, prolétaires et agriculteurs trainent un peu partout en ville même si une fois dans les centres commerciaux qui ressemblent à tout ce qu’on retrouve en occident (H&M, Clarks, PFK, McDO et autres). Au parc Haizhu, on projette sur (très) grand écran une animation qui combine les symboles chinois traditionnels (dragons, fleurs, pierres précieuses) et de grands exploits. Une statue monumentale trône devant le grand hotel.

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Le long du pont pour t’y rendre, des sculptures représentant des dates mémorables dans la révolution sont habilement dissimulés, bien qu’elles n’empêchent pas les grands-mamans d’y installer leur kiosque de nourriture devant.

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Traces coloniales sur Shamian Island

Le quartier Shamian, bordant la Rivière-aux-Perles est une petite enclave qui te donner l’impression de revenir 100 ans en arrière, quand les Européens dominaient le commerce en ville. Soit pour éviter le dépaysement culturel ou tout simplement pour montrer leur supériorité, ces Européens ont fait construire un ensemble de maisons et bâtiments qui te donne définitivement l’impression d’être en Europe central, avec même une touche de Russie (qui abrite désormais un Starbuck).

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Pour te recueillir, l’Église Notre-dame-de-Lourdes est située dans le quartier. Aujourd’hui, elle impressionne beaucoup la jeunesse qui vient la prendre en photo, dehors comme dedans. Chose étrange: voir les icônes du catholicisme en chinois. Et comme occidental qui rentre dans une église, on pouvait presque lire sur le visage des jeunes : Ah, c’est normal, c’est un Blanc.

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Beijing Lu

La rue piétonne Beijing Lu demeure un incontournable. Comme Blanc, tu n’as qu’à suivre la horde de jeunes qui sortent du métro du même nom pour t’y rendre. Mais en route, quelques vieux louches vont venir te proposer d’acheter des montres ou des bijoux et vont aussi t’inviter à les suivre. Mais ils ne sont pas très insistants. Un simple nom de la tête et c’est réglé.

Sur Beijing Lu, c’est la cuisine de rue qui domine… et le bruit. Malgré tout, personne ne se marche dessus et tu finis par trouver ce que tu cherches. À visiter le soir quand tout est illuminé.

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Des boui-boui partout

Impossible de mourir de faim à Gangzhou (ou ailleurs en Chine d’ailleurs). Chaque coin peut te nourrir à vil prix (moins de 5$). Faut juste bien regarder si les menus ont des photos. Car si je trouvais qu’à Shanghai, l’anglais était pauvre, ici, il est pratiquement inexistant. Alors faut juger. Bonne chose à savoir: je n’ai jamais été malade avec la cuisine de rue en Chine.

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Faire sensation

Pas trop touristique en cette saison, être un Occidental à Guangzhou attire les curiosités. Les enfants d’écoles te disent « allooooo! ». Les ados te regardent en riant. Les grands-mamans et les grands-papas te dévisagent gentiment. Ça fait partie du jeu et il ne faut pas s’en vexer. Au Japon, la population est très discrète et ne montre pas d’intérêt apparent pour les étrangers. En Chine, c’est tout le contraire. On t’aide à te retrouver, on te fait des signes, on te salue continuellement et y a une jolie curiosité qui rend les Chinois si agréables.

D’ailleurs, dans un parc de Shamian Island, alors que je me promenais vers un groupe de musique, leur chanteuse m’a souhaité la bienvenue en chinois et en anglais. J’ai pu saluer la foule. Mais le clou, c’est quand elle m’a demandé de venir l’accompagner avec des Na-na-na-nan au micro. Pourquoi pas! Alors j’ai fait un triomphe devant mes nouveaux amis chinois qui ont tous eu le plaisir de m’entendre improviser en français et en anglais.

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Alors M. Bilodeau, Guangzhou, on y va ou on n’y va pas?

Faut savoir que la seule raison pourquoi j’ai abouti à Guangzhou, c’est parce que mes points Aéroplan à partir de Vancouver me permettait un vol quasi-direct dans mes dates et que je ne voulais pas arriver par Shanghai (déjà visitée) ou Beijing (trop froid en novembre). Normalement, dans le coin, on va définitivement à Hong Kong ou à Macau. Mais les ayant déjà visitées (et puis, ça brasse pas mal à Hong Kong en ce moment) et comme je voulais commencer dans le sud de la Chine et de là, bâtir mon itinéraire, c’était la meilleure option. Bien que Guanzhou possède quelques attraits intéressants, elle n’est pas recommandée si on n’a pas affaire par ici. Ou sinon, 2-3 jours max, le temps de préparer la suite dans le sud de la Chine, ce que j’ai fait.


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